En allant récemment sur cette île, j'avais comme objectif d'observer, et si possible, photographier, les trois espèces de reptiles présentes. Mission quasi accomplie, avec des observations des trois espèces, même si les tarentes n'ont été vues que très brièvement. Heureusement, mission accomplie, avec des photos sympas des deux autres espèces.

Première espèce, le seps de Gran Canaria (Chalcides sexlineatus), superbe bestiole à la queue bleue turquoise. Le premier individu bien observé, dans les dunes de Maspalomas, avait la queue tirant sur le vert clair. Assez surréaliste. L'individu ci-dessous, photographié dans le barranco de Tasarte, au sud de l'île, avait une remarquable queue bleue. La photo de droite est un recadrage pour mieux observer le détail des écaillures, qui sont bleues jusqu'au bout des ongles...

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La seconde espèce bien photographiée est le lézard géant de Gran Canaria (Gallotia stehlini), qui est parfois localement très abondant. Le barranco canalisé de Maspalomas (au nord de la lagune dunaire de la Charca) et la haie de figuiers de Barbarie séparant le golf de Maspalomas des dunes, sont les deux endroits où l'on est sûr de faire de belles observations. 

Le premier spot, dans le barranco, est très fréquenté par les hordes de touristes marchant sur la route surplombant la digue enrochée. Cette sur-fréquentation fait que les lézards de ce secteur sont très peu farouches et tolèrent l'approche du photographe. Spot d'autant plus intéressant que de très gros individus (70-80 cm) sont présents, mais assez farouches. De nombreux individus de belle taille (>50 cm) sont coopératifs et se prêtent bien volontiers à des séances photos. Les six photos ci-dessous sont prises sur ce spot, ainsi que sur le parking situé à moins de 200m au nord (en rive droite).

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La haie de figuiers de Barbarie, outre le fait d'offrir une protection efficace contre les prédateurs, offre aux individus la squattant la nourriture (les figues de Barbarie). Nous avons vu plusieurs individus avec de la figue séchée autour de la bouche... Et nous avons été surpris par l'apparente tolérance des individus aux épines, ceux-ci s'insolant parfois directement dessus, à la manière des fakirs. Une très belle population fréquente cette haie, et en une heure de balade, nous avons vu plusieurs dizaines d'individus, essentiellement de petite et moyenne tailles. Sur la dernière photo, prise vers midi, le lézard soulève les pattes pour éviter de se griller les ripatons sur le sable chaud.

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En se baladant dans les dunes entre Maspalomas et Playa del Inglès (dans le secteur où uniquement des hommes bronzent cul-nu), nous avons eu la chance de tomber sur un spectacle surprenant : deux gros individus (~60 cm) s'affrontaient dans un combat d'un autre âge :

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Nous avons observé cette espèce essentiellement dans la partie sud de l'île et en son centre,  jusqu'à une altitude élevée, parfois à plus de 1 000m. Par contre, nous n'avons observé de gros individus que vers Maspalomas, les observations dans les autres secteurs concernaient des individus de plus petite taille (~ 30 ou 40 cm). La photo de gauche a été prise tout en haut du Barranco de Guayadeque, la photo de droite non loin de notre hôtel à Taurito.   

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Pour avoir déjà vu les lézards géants de la Goméra et de El Hierro, uniquement en captivité à cause de leurs faibles effectifs en milieu naturel, j'ai été charmé d'observer les populations aussi abondantes de cette espèce au faciès "préhistorique".

La dernière espèce de reptile présente sur l'île, la tarente de Boettger (Tarentola boettgeri), n'a pas daigné se laisser capturer, tellement les individus trouvés étaient chauds comme la braise... Et en plus c'est une micro-tarente, pas évidente à trouver et encore moins à capturer pour des non spécialistes en herpéto... Pour le seul individu bien observé, de nuit, mon flash n'était pas monté, et temps de le faire, la tarente s'était carapatée dans les hautes herbes. Malchanceuse erreur de débutant... On ne m'y prendra plus.